Il s'approcha de moi. Doucement. L'instant était sacré. Il se rapprocha de mon visage. Lentement. C'était comme si plus rien n'existait autour de nous. Il déposa un long et doux baiser sur mes lèvres. J'aurais voulu le garder à jamais contre moi. J'aurais préféré mourir qu'être séparée de lui. Je l'aimais tellement. Je l'aimais plus que ma propre vie. Je l'aimerai. A jamais. On se l'était promis. Ensemble pour toujours, jusqu'à ce que la mort nous sépare. J'avais peur. Tellement peur. Peur qu'il ne revienne pas. Je comprenais enfin ce qu'avait éprouvé ma mère quand mon père n'était pas revenu de la guerre. Être séparée de lui à jamais était impensable. Il s'écarta lentement de moi. Il commença à s'éloigner. Sa main quitta doucement l'emprise de la mienne. Ne t'en va pas... avais-je murmuré, les yeux embués de larmes. Il me sourit une dernière fois, baissa les yeux et s'écarta lentement de moi. Je n'entendis même pas le siflet du chef de gare qui signalait aux voyageurs de monter dans le train. Une fois monté, il se précipita à la fenêtre pour me dire au revoir. J'agitais mollement la main en guise d'adieu ne prêtant plus attention aux larmes qui mouillaient ma belle robe d'été. Le train démarra. Je pus lire "Je t'aime, pour toujours" sur ses lèvres avant qu'il ne soit hors de ma vue. Je suis restée là, immobile. Je ne savais pas depuis combien de temps il était parti. La gare était vide à présent. J'était seule. Ne pouvant arrêter le flot de larme qui roulaient le long de mes joues. Reviens vite... Je t'en prie...